Témoignages

Extraits de témoignages

Témoignage de J.A.D

Je me présente J.A.D. et j’ai 42 ans. j’ai participé à la thérapie pour les hommes ayant vécu des agressions sexuelles durant l’enfance qu’offre l’organisme communautaire EMPHASE en Mauricie. Les abus sexuel, physique et psychologique ont duré pendant des années dans un contexte incestueux déguiser en « jeu familial ». Des membres de ma famille ont été les premiers à être des agresseurs pour moi ainsi que pour d’autres membres de la famille. D’autres agressions ont eu lieu par la suite dans le début de l’adolescence. Par amour pour certaines personnes que j’affectionnais quand j’étais enfant et qu’on m’est dit d’oublier pour ne pas détruire une famille, mon cerveau à effacer une partie de mon enfance, des agressions subies ainsi que de ceux dont j’ai été directement témoin. Pour ce qui est des forces de l’ordre de l’époque, peu étaient formés pour ce genre de sujet tabou. Les conséquences sont énormes et surtout dévastatrices pour s’épanouir pleinement, car peu importe les comportements ou l’auto-destruction dont je me suis infligé inconsciemment  moi-même sont relié directement aux agressions sexuelles. En étant qu’abusé par des figures d’autorité, les règles établies par la société ainsi que la loi était fait pour être transgressées à mes yeux d’hommes au cœur d’enfant blesser. Désormais, je sais pourquoi je suis devenu un jeune délinquant et criminel non productif pour moi-même ainsi que pour la société, à la recherche de ma propre mort sociale et physique de toute sorte de façons. Les plaintes ont été portées contre les agresseurs quand j’ai compris l’ampleur des actes portes contre nous tous dans la famille. J’ai fait valoir mon droit en tant que victime d’acte criminel à IVAC, car le SPT, l’anxiété et que le trouble d’adaptation concernant les relations humaines/amoureuse sont parfois difficile. Mon quotidien maintenant parlementer de bonheur nouveau, de colère passagère, de tristesse et d’envie d’aider mon prochain à se libérer des agressions sexuelles. Qu’ils sachent qu’ils ne sont pas seul à avoir vécu cela en silence et qui existe des intervenants compétant pour nous aider. La vie est maintenant plus calme, le goût de vivre demeure beaucoup plus longtemps que par le passé. Je reprends le contrôle de ma vie et j’offre en retour mon partage à ceux qui veulent voir la lumière. -Campagne de sensibilisation, 2020

Témoignage de J

Mon cas est un peu atypique, mais j’ai décidé de le partager malgré tout. Les abus ont commencé lorsque j’étais un petit garçon de trois ans. Ma gardienne, début quarantaine, me faisait visionner des films pornographiques quand j’étais chez elle. J’étais un enfant curieux, mais je savais quelque part en moi qu’il y avait une certaine interdiction. Puis, cette même gardienne m’a appelé un jour de sa salle de bain. Nue dans sa baignoire pleine de mousse, elle m’a prise dans ses bras et m’a plongé dans l’eau tout habillée. Dans ma tête, tout s’est arrêté là. Un blocage de mémoire. Vers mes cinq ans, deux filles à peine un peu plus âgées que moi ont décidé chacune de leur côté de « m’apprendre à leur faire l’amour ». Elles savaient tant de choses, par exemple que mon sexe allait dans le leur — ce qu’elles me forçaient à faire — que je devine qu’elles étaient sûrement victimes d’abus sexuels, voire même d’inceste. L’une d’elles a tenu à avoir avec moi des expériences répétées jusqu’à mes onze ans. Je savais déjà par contre que mon orientation sexuelle ne me guidait pas vers les femmes et ces expériences forcées me devenaient encore plus pénibles, dégoûtantes. Si ces actes ont cessé à ce moment-là, c’est que je me suis enfin levé pour m’affirmer et dire que, NON, je ne voulais pas. Pour la première fois depuis tout ce temps, je n’étais plus paralysé. J’ai pris beaucoup de temps à comprendre l’effet que ces abus ont eu sur moi, ma confiance, mon intimité et ma santé mentale. J’ai dû apprendre à m’écouter, me respecter davantage au lieu de subir sans pouvoir bouger. Je crois qu’il est aussi important de témoigner. Pas juste pour nous, mais pour les autres qui ne savent pas encore s’exprimer. Pour le moment, il semble que ce soit la meilleure prévention possible. -Campagne de sensibilisation, 2020

R.L. Août 2018

Mon passé pesait lourd sur mes épaules, il y avait beaucoup de brouillard, de noirceur. Le groupe EMPHASE 1 a mis de la lumière sur mon passé et m’a aidé dans mon estime personnelle. J’ai vu que je n’étais pas seul et que c’est possible effectivement de se reconstruire et surtout qu’il est possible d’accepter le fait qu’on a été abusés sexuellement, de ne plus se sentir victime, être en paix avec tout ça puis enfin voir le futur de façon positive. Le groupe EMPHASE 2 m’a donné l’occasion d’approfondir différentes choses qui sont remontées en surface après le groupe EMPHASE 1, d’exprimer des restants de colère et surtout de me donner des outils pour me reconstruire et être heureux. Je n’ai plus besoin de consommer du cannabis car j’ai trouvé ce que je voulais fuir.

R. B. le 29 avril 2015

Quand je suis arrivé chez EMPHASE mon leitmotiv était on ne peut plus clair et je le disais tristement haut et clair : « Ma vie c’est de la marde! » et cela avant, pendant ou après EMPHASE, j’en étais convaincu. […] … j’étais réticent aux rencontres de groupe mais encore là, très rapidement j’ai senti et découvert dans le groupe un grand respect des uns envers les autres, un amour de l’autre. Tout devint plus aisé et plus constructif. Il s’est instauré dans le groupe un phénomène d’osmose réconfortant et valorisant entre tous, participants et intervenants. Aujourd’hui je "renais" dans le sens véritable, littéral de ce mot. La vie vient d’accoucher d’un nouveau-né de 68 ans, n’est-ce pas louable et merveilleux?